PROGRAMME

anglais intensif
à l’école primaire

INFORMATIONS POUR LES PARENTS

Le programme d’anglais intensif au primaire est une modalité d’organisation scolaire qui permet d’offrir un enseignement concentré de l’anglais langue seconde sur une période déterminée, le plus souvent en 5e ou en 6e année, dans le respect du Régime pédagogique et de la Loi sur l’instruction publique.

L’anglais intensif n’est pas un programme d’immersion. Dans les écoles publiques francophones, les matières prévues au Programme de formation de l’école québécoise doivent être enseignées en français. Le programme consiste donc en un enseignement renforcé de l’anglais langue seconde, concentré dans le temps, sans enseignement des autres disciplines dans une autre langue.

Ce guide s’adresse aux parents qui souhaitent comprendre le fonctionnement de l’anglais intensif, les règles qui l’encadrent et les conditions favorisant sa réussite. Il vise à outiller les familles qui désirent amorcer une réflexion dans leur école ou soutenir un programme existant, dans une perspective d’équité, de qualité pédagogique et de respect des cadres légaux.

Tous les documents cités sont également disponibles en bas de page.

Avantages selon l’expérience et la recherche

Les avantages de l’anglais intensif sont nombreux, durables et bien documentés. Un rapport d’évaluation ministériel, basé sur  l’étude de 269 écoles primaires, avec 11 900 élèves de 5e et 6e année dans 39 centres de services scolaires, confirme que ce programme a des effets significatifs sur le développement global des élèves.

D’abord, les élèves démontrent une plus grande aisance à communiquer en anglais, enrichissent leur vocabulaire, et acquièrent plus de fluidité. Leur prononciation s’améliore et leur confiance à s’exprimer augmente nettement. Cette compétence s’accompagne d’une motivation accrue, d’un plus grand intérêt pour les langues et d’un sentiment de fierté.

Contrairement à certaines craintes, les études montrent qu’il n’y a pas d’impact négatif sur les résultats en français ou en mathématiques. Au contraire, la réorganisation rigoureuse des matières permet de maintenir les acquis, voire de les renforcer. Certains milieux rapportent même des gains supérieurs à la moyenne en lecture et en écriture. Les élèves issus de milieux défavorisés, allophones ou en difficulté bénéficient aussi du programme.

Mais les bienfaits dépassent les apprentissages linguistiques. Le programme agit comme levier de transformation scolaire. Il crée un climat stimulant, valorise la collaboration entre enseignants, invite à l’innovation et mobilise l’école autour d’un projet rassembleur. Le sentiment d’appartenance des élèves à leur école est renforcé, tout comme leur autonomie et leur engagement scolaire. Le rapport du MEQ insiste sur ces dimensions comme des effets indirects, mais essentiels à la réussite.

Ce que dit la recherche

  • Amélioration significative de la fluidité, prononciation et aisance à l’oral en anglais.
  • Hausse de la motivation, de la confiance et du sentiment de compétence généralisé.
  • Aucun impact négatif sur les matières fondamentales, parfois même des gains en français.
  • Résultats durables jusqu’au secondaire, notamment grâce au développement de stratégies d’apprentissage transférables qui soutiennent la réussite globale.
  • Effets positifs sur la dynamique de classe, le climat scolaire et l’estime de soi.

En 2014, le Conseil supérieur de l’éducation indique également que :

  • l’apprentissage d’une langue seconde ne se fait pas au détriment de la langue maternelle;
  • il peut contribuer à consolider la maîtrise de la langue maternelle parce qu’il implique un processus de réflexion sur le fonctionnement du langage.
  • et rien n’indique que AI\BL puisse nuire aux élèves allophones.

Et en 2016, le CEFRIO rendait public une Étude de cas, concernant l’enseignement de l’anglais pour les petites écoles comprenant des classes multiniveaux. Le constat est également ici semblable en ce sens que la conclusion indique que ce type d’apprentissage en réseau est prometteur.

Un programme inclusif

Dans certains milieux, on peut être tenté de restreindre l’accès au programme aux élèves les plus performants, en invoquant leur motivation ou leurs résultats. Pourtant, les recherches et les recommandations ministérielles sont claires : le programme d’anglais intensif devrait être universel et inclusif. Il ne s’agit pas d’un profil enrichi sélectif, mais bien d’un projet pédagogique collectif.

La sélection des élèves pose plusieurs problèmes. D’abord, elle crée une forme d’élitisme qui peut nuire au climat scolaire. Elle prive les élèves qui pourraient le plus bénéficier du programme, notamment ceux pour qui l’école n’est pas toujours un lieu de succès, d’une opportunité d’accroître leur sentiment de compétence et d’un  outil de plus vers son autonomie.

Sur le plan stratégique, la sélection des élèves alourdit les démarches et rend plus difficile la justification pédagogique du projet.

Viser l’universalité

  • Évite les inégalités d’accès.
  • Favorise la cohésion du groupe-classe.
  • Rejoins tous les profils d’élèves, pas seulement les forts.
  • Allège la gestion pédagogique et administrative.
  • Renforce le projet éducatif de l’école dans une perspective d’équité.

Élèves HDAA

Le programme d’anglais intensif n’est pas réservé à un profil d’élèves en particulier. Les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA) peuvent y participer, au même titre que les autres élèves. Toute décision concernant la participation d’un élève doit être fondée sur une analyse individualisée de ses besoins, et non sur une exclusion automatique liée à des difficultés ou un diagnostic.

Les mesures d’adaptation prévues au plan d’intervention de l’élève HDAA et les services éducatifs complémentaires dont il a besoin doivent être maintenues pendant le programme d’anglais intensif.

La recherche et l’expérience indiquent que plusieurs élèves HDAA bénéficient d’un contexte d’apprentissage structuré, motivant et valorisant comme celui de l’anglais intensif. Les évaluations ministérielles indiquent que, pour les élèves ayant un plan d’intervention, l’anglais intensif n’a pas d’effet négatif sur les résultats en français et en mathématiques, à condition que les mesures de soutien et les services éducatifs complémentaires soient maintenus.

Modèles de réorganisation des parcours en 5e et 6e année

Il existe plusieurs façons d’implanter l’anglais intensif. Le modèle le plus courant (environ 70% des projets) est le 5 mois / 5 mois. Pendant la première moitié de l’année, les élèves reçoivent un enseignement concentré des matières de base (français, mathématiques, sciences, univers social). La seconde moitié est consacrée à l’anglais intensif, tout en continuant les matières spécialisées (éducation physique, arts plastiques, etc.). Ce modèle permet une immersion continue et structurée dans la langue seconde. Souvent, deux classes sont jumelées : l’une commence l’anglais intensif à la rentrée pendant que l’autre poursuit les matières régulières, puis elles échangent leurs programmes et enseignants à mi-parcours en février. 

Un autre modèle, appelé 1/4 – 1/2 – 1/4 (ou looping), répartit les apprentissages sur deux années. En début de 5e année, les élèves ont quelques semaines d’anglais intensif, puis poursuivent leur programme régulier. En milieu de 6e année, ils retrouvent une séquence d’anglais intensif. Ce système permet une meilleure transition et une planification à plus long terme pour les enseignants.

D’autres écoles optent pour des formules d’alternance plus souples, comme une semaine sur deux, des demi-journées intensives, ou encore des blocs de deux mois. L’important est que le programme soit planifié de manière à respecter les exigences du Régime pédagogique et offrir des heures en continue pour l’apprentissage de l’anglais, tout en assurant la qualité des apprentissages dans toutes les matières.

Le rôle des parents : de l’initiative à la concrétisation

Les parents peuvent jouer un rôle déterminant à chaque étape du projet et sont souvent les premiers vecteurs de changement dans leur école. Mais soyons clairs : ce sont d’abord les enseignants, en collaboration avec la direction, qui rendent possible l’implantation d’un projet particulier. Sans l’adhésion et la collaboration active de l’équipe-école, aucun projet ne peut voir le jour de façon durable et cohérente. Alors, tout commence par la volonté de proposer une vision mobilisante pour tous afin d’améliorer l’offre éducative et la motivation des élèves.

Il est recommandé de former un petit comité de parents motivés par le projet. Ensemble, ils peuvent s’informer, consulter des documents de référence et documenter les bénéfices du programme. Cette préparation permet de bâtir un argumentaire solide.

La première étape concrète est d’organiser une rencontre avec la direction de l’école. Cette rencontre doit être ouverte, constructive, et centrée sur la faisabilité pédagogique. Il ne s’agit pas d’imposer un projet, mais bien de proposer un enrichissement qui respecte les cadres en place.

En parallèle, une consultation parentale (prévue à l’article 89.1 de la Loi sur l’instruction publique) peut être proposée par les parents du conseil d‘établissement. Cette démarche sert à recueillir l’intérêt et les préoccupations des familles, tout en démontrant que le projet est ancré dans un véritable besoin collectif.

Enfin, les parents contribuent activement à la vie éducative de l’école en participant, par l’entremise du conseil d’établissement, à l’analyse des besoins des élèves, des enjeux liés à la réussite éducative et des attentes de la communauté. En concertation avec les autres acteurs concernés : enseignants, direction, personnel scolaire ainsi que représentants de la communauté, ils prennent part à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation du projet éducatif, tel que le prévoit l’article 74 de la Loi sur l’instruction publique.

En résumé, les parents peuvent :

  • Être à l’origine du projet et l’alimenter avec des données probantes.
  • Créer des ponts entre les familles, la direction et les enseignants.
  • Apporter un soutien concret et engagé à chaque étape de l’implantation.
Comité de parents des écoles de Montréal

Outils disponibles dans
la Loi sur l’instruction publique

  • Approuver les modalités d’application du Régime pédagogique ainsi que l’orientation générale de l’enrichissement ou de l’adaptation par les enseignants des objectifs et des contenus indicatifs des programmes d’études en vue de l’élaboration de programmes d’études locaux (LIP art. 84 et 85).
  • Participer à la révision du projet éducatif et faire une réflexion plus importante, incluant le projet (LIP art.74 et 78.2);
    Mettre en place un comité de réflexion ou de travail sur le projet (LIP art.74 et 78.2);
  • Faire appel à l’OPP (LIP art.96.2 et 96.3);
  • Faire un sondage auprès des parents de l’école (LIP art. 89.1);
  • Faire un sondage auprès des élèves (LIP art. 89.2);
  • Inviter les parents à une ou plusieurs assemblées de discussion ou d’information (LIP art.74);
  • Donner un avis au CSS ou à la direction sur l’intention ou la pertinence d’avoir ce programme à son école (LIP art.78 et 78.1);
  • Individuellement, un parent peut faire un choix d’école pour mieux répondre aux besoins de son enfant, et ainsi accéder à une école offrant ce programme ou ainsi retirer son enfant du programme (LIP art. 4);

Conditions essentielles de réussite d’un programme d’anglais intensif

Les effets positifs documentés de l’anglais intensif reposent sur certaines conditions essentielles qui dépassent la simple augmentation du temps consacré à l’enseignement de l’anglais. L’adhésion réelle de l’équipe-école constitue un facteur déterminant. Le programme doit être porté par la direction ainsi que par les enseignants titulaires et spécialistes, dans une logique de collaboration et de cohérence pédagogique. Cette mobilisation collective facilite l’organisation du projet et contribue à en maximiser les retombées pour les élèves.

Les expériences documentées montrent que les enjeux associés à l’anglais intensif sont principalement organisationnels et relèvent de la planification, de la concertation et du soutien aux élèves, plutôt que de limites pédagogiques du programme lui-même.

La planification des apprentissages et l’organisation de l’horaire doivent être concertées afin d’assurer une continuité pédagogique dans l’ensemble des matières. Des périodes suffisamment longues et continues en anglais, combinées à une coordination étroite entre les enseignants, permettent de soutenir efficacement les apprentissages tout en respectant les exigences du Régime pédagogique. Lorsque ces conditions sont réunies, l’anglais intensif devient un levier structurant qui favorise la motivation, l’engagement scolaire, la réussite et la persévérance des élèves.

Argumentaire à l’intention du personnel enseignant

  1. Pour offrir une expérience d’apprentissage valorisante et équitable : Le programme est conçu pour tous les élèves, sans sélection, et permet de soutenir leur engagement tout en diversifiant les approches pédagogiques. Selon la recherche de Véronique Parent (FRQSC 2024), les élèves rapportent un sentiment accru de compétence, une plus grande motivation et une fierté associée à la maîtrise d’une nouvelle langue.
  2. Pour valoriser le travail d’équipe : L’implantation exige une planification collective et favorise la collaboration entre enseignants titulaires et spécialistes, créant une dynamique professionnelle riche. Le guide SPEAQ (2012) indique que ce travail collaboratif est un des principaux vecteurs de réussite du projet.
  3. Pour renforcer les compétences transversales : Les élèves développent leur autonomie, leur organisation, leur confiance et leur sens de l’effort – des acquis utiles dans toutes les matières. Le CEFRIO (2016) a observé que ces habiletés transversales sont souvent citées par les enseignants comme les plus marquantes après l’implantation.
  4. Parce que les résultats sont probants : Le rapport d’évaluation 2019 du MEQ démontre que 94 % des écoles ayant implanté le programme le maintiennent ou l’élargissent. Les données indiquent une amélioration notable en anglais, sans baisse de performance dans les autres matières.
  5. Parce que les enseignants ont de l’autonomie professionnelle : En tant qu’équipe-école, vous pouvez adapter le modèle, organiser l’horaire, et choisir les ressources selon notre réalité. Le cadre ministériel accorde cette marge d’action aux équipes locales, ce qui permet de s’approprier le projet pleinement.

Un projet d’anglais intensif bien conçu et soutenu peut transformer positivement le parcours scolaire des élèves. Il favorise l’équité, la réussite, la motivation et la fierté. En tant que parents, vous avez la capacité de proposer une vision mobilisatrice, de créer des ponts avec la direction et le personnel scolaire, et d’accompagner l’école dans cette démarche. Ce guide est votre point de départ pour structurer une proposition solide, ancrée dans la réalité du terrain et appuyée par la recherche.

Références et documents utiles

Ministère de l’Éducation du Québec

Programme de formation de l’école québécoise – Primaire
Cadre normatif définissant les disciplines, les compétences et la langue d’enseignement dans les écoles publiques francophones.

Anglais, langue seconde – Programme d’études (primaire)
Documents officiels sur l’enseignement de l’anglais langue seconde, incluant les modalités intensives.

Rapport d’évaluation – Anglais intensif au primaire (2018-2019)
Rapport de la phase 1 : Évaluation menée entre 2013 et 2016 auprès de 269 écoles primaires, 11 900 élèves et 39 commissions scolaires.
Rapport de la phase 2 : Confirme le maintien des effets positifs à moyen terme, notamment sur les compétences orales et la motivation au secondaire.

La collaboration entre le titulaire et l’enseignant d’anglais, langue seconde, dans un contexte d’enseignement intensif de l’anglais (2022)
Un guide pour aider les enseignants à travailler ensemble afin d’optimiser l’enseignement intensif de l’anglais langue seconde au primaire en cohérence avec le Programme de formation de l’école québécoise.

Guide de soutien pour les enseignants – Anglais intensif (2017)
Précise les conditions pédagogiques et organisationnelles favorisant la réussite du programme.

Recherche évaluative sur l’intervention gouvernementale en matière d’enseignement de l’anglais langue seconde au Québec.
Résultats obtenus en matière d’évaluation de la pertinence et de la conception de l’apprentissage de l’anglais, langue seconde, au Québec, du point de vue de l’enseignement primaire.

Documents spécialisés et associatifs

SPEAQ – Guide pour l’implantation de l’anglais intensif (2012)
Guide pratique destiné aux milieux scolaires, axé sur la planification et la concertation pédagogique.

SPEAQ – Réponses pour parents sur l’anglais intensif (2012)
Document vulgarisé expliquant les fondements et les qualités du programme.

Recherche et synthèses indépendantes

FRQSC – Les effets de l’enseignement intensif de l’anglais sur les compétences en littératie (2024)
Montre des effets positifs sur la motivation, l’estime de soi et les stratégies d’apprentissage, notamment chez les élèves en difficulté ou allophones.

Conseil supérieur de l’éducation – L’amélioration de l’enseignement de l’anglais, langue seconde, au primaire : un équilibre à trouver (2014)
Un avis du CSE analysant comment mieux enseigner l’anglais aux élèves du primaire.

CEFRIO – Étude de cas : l’enseignement de l’anglais en réseau dans les écoles rurales (2016)
Une étude qui analyse comment l’enseignement de l’anglais en réseau dans les écoles rurales du Québec peut enrichir l’environnement d’apprentissage des élèves en langue seconde.

Exemples et gabarits

Fiche synthèse et lettre d’intention pour conseil d’établissement.
Un outil pour présenter le projet au conseil d’établissement.

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