Comprendre et agir

LA MOTIVATION scolaire

Informations pour les parents

Pourquoi s’intéresser à la motivation?

La motivation scolaire joue un rôle central tout au long du parcours d’un enfant, dès le préscolaire et jusqu’au secondaire. Elle influence l’engagement, les efforts fournis, la persévérance et, ultimement, la réussite scolaire.

Contrairement à certaines idées reçues, la motivation n’est pas constante ni acquise une fois pour toutes. Elle évolue avec l’âge, les expériences, les réussites, les difficultés et les relations que l’enfant entretient avec les adultes et ses pairs. Il est donc normal qu’un jeune traverse des périodes de variation dans sa motivation et la démotivation fait partie du parcours d’un enfant. Elle peut apparaître à différents moments et pour différentes raisons et elle devient préoccupante lorsqu’elle s’installe dans le temps.

Dans cette perspective, le rôle des parents n’est pas de « créer » la motivation, mais de contribuer à un environnement qui la soutient et la développe progressivement.

Comprendre la motivation scolaire

La motivation correspond à ce qui pousse un enfant à s’engager dans une activité, à y consacrer des efforts et à persévérer malgré les obstacles. Elle est étroitement liée à l’engagement, c’est-à-dire à la participation concrète dans les apprentissages.

Les recherches distinguent deux formes principales de motivation.

  • La motivation autonome repose sur l’intérêt, le plaisir ou le sens que l’enfant attribue à ce qu’il fait. Elle se développe progressivement, notamment lorsque l’enfant comprend pourquoi il apprend et se sent impliqué dans ses apprentissages.
  • La motivation contrôlée, quant à elle, repose davantage sur la pression, la peur des conséquences ou la recherche de récompenses.

Ces formes de motivation ne produisent pas les mêmes effets. La motivation autonome favorise un engagement plus durable, une meilleure persévérance et un rapport plus positif à l’école. À l’inverse, une motivation principalement contrôlée peut soutenir l’effort à court terme, mais tend à fragiliser l’engagement à plus long terme.

Les ingrédients essentiels de la motivation

Les études et travaux en éducation montrent que certains facteurs jouent un rôle constant dans la motivation des enfants, peu importe leur âge. Ces éléments se mettent en place dès le jeune âge et continuent d’évoluer tout au long du parcours scolaire.

Le sentiment de compétence

Un enfant est plus motivé lorsqu’il croit qu’il est capable de réussir. Ce sentiment se développe très tôt, notamment au préscolaire et au primaire, à travers les premières expériences scolaires.

Au début du parcours, il repose beaucoup sur le regard des adultes et les petites réussites quotidiennes. Plus tard, il se construit à partir des résultats, des efforts fournis et des stratégies utilisées.

Lorsque l’enfant accumule les échecs ou se perçoit comme incapable, sa motivation diminue. À l’inverse, des réussites progressives et des rétroactions adaptées renforcent sa confiance.

La valeur donnée à ce qu’on apprend

Pour que l’ enfant s’engage, il doit percevoir que ce qu’il fait a du sens. Cette perception évolue avec l’âge.

Au préscolaire et au primaire, le sens passe souvent par le plaisir, la curiosité et le lien avec le concret. À mesure que l’enfant grandit, il devient plus sensible à l’utilité des apprentissages et à leur lien avec ses projets personnels.

Si l’enfant ne voit pas pourquoi il apprend, la motivation diminue, peu importe son âge.

La perception de contrôle

L’enfant doit sentir qu’il peut influencer ce qui lui arrive. Ce sentiment commence à se développer tôt, lorsqu’il comprend que ses actions ont des effets.

Au fil du temps, cette perception devient plus complexe. L’enfant apprend à faire des liens entre ses efforts, ses stratégies et ses résultats. S’il en vient à croire que ses résultats ne dépendent pas de lui, sa motivation risque de diminuer.

L’autonomie

L’autonomie se construit progressivement. Chez les plus jeunes, elle se manifeste par de petits choix et une participation active. Avec le temps, elle s’élargit pour inclure l’organisation du travail, la gestion du temps et les méthodes d’apprentissage.

Un enfant qui se sent impliqué dans ses apprentissages est généralement plus motivé. À l’inverse, un environnement trop contrôlant peut freiner son engagement.

Le sentiment d’appartenance

Se sentir accepté et soutenu est essentiel à tout âge. Dès le préscolaire, les relations avec les adultes et les autres enfants influencent le rapport à l’école.

Au primaire et au secondaire, ce sentiment d’appartenance devient encore plus important. Les relations avec les pairs, en particulier, peuvent soutenir ou fragiliser la motivation.

L’intérêt et le plaisir d’apprendre

Le plaisir d’apprendre est souvent très présent au début du parcours scolaire. Il peut toutefois diminuer si les expériences deviennent répétitives, difficiles ou déconnectées des intérêts de l’enfant.

L’intérêt peut être suscité et entretenu. Il se développe notamment lorsque les apprentissages sont liés au vécu de l’enfant et lorsqu’il peut explorer ses centres d’intérêt.

Communiquer avec l’école : un levier important

La motivation scolaire d’un enfant se construit à la fois à la maison et à l’école. Des communications régulières entre le parent d’élève et l’enseignant permettent de mieux comprendre ce que vit l’enfant, d’identifier plus rapidement les difficultés et d’ajuster les interventions de façon cohérente.

Échanger, poser des questions et partager ses observations contribue à établir un climat de confiance entre le parent d’élève et l’enseignant. Cette collaboration favorise une meilleure continuité entre ce qui est vécu en classe et à la maison, ce qui soutient directement la motivation de l’enfant et favorise une compréhension commune de ses besoins.

Le rôle des parents

La motivation scolaire joue un rôle central tout au long du parcours d’un enfant, dès le préscolaire et jusqu’au secondaire. Elle influence l’engagement, les efforts fournis, la persévérance et, ultimement, la réussite scolaire.

Contrairement à certaines idées reçues, la motivation n’est pas constante ni acquise une fois pour toutes. Elle évolue avec l’âge, les expériences, les réussites, les difficultés et les relations que l’enfant entretient avec les adultes et ses pairs. Il est donc normal qu’un jeune traverse des périodes de variation dans sa motivation et la démotivation fait partie du parcours d’un enfant. Elle peut apparaître à différents moments et pour différentes raisons et elle devient préoccupante lorsqu’elle s’installe dans le temps.

Dans cette perspective, le rôle des parents n’est pas de « créer » la motivation, mais de contribuer à un environnement qui la soutient et la développe progressivement.

Des moments plus sensibles dans l’année

La motivation scolaire varie au fil de l’année. Certaines périodes peuvent entraîner une baisse d’engagement, sans que cela soit anormal.

Le début d’année demande une adaptation à de nouveaux repères. Les périodes d’évaluation peuvent générer du stress et fragiliser le sentiment de compétence. L’hiver, plus long et répétitif, est souvent associé à une baisse d’énergie et d’intérêt. Les transitions scolaires, comme le passage au secondaire, peuvent aussi affecter le sentiment d’appartenance et de contrôle. Enfin, la fin d’année peut entraîner un relâchement une fois les objectifs perçus comme atteints.

Ces fluctuations sont normales. Elles deviennent des occasions d’ajuster l’accompagnement, de soutenir l’enfant et de maintenir un lien positif avec l’école.

Intervenir au quotidien

Dans la vie quotidienne, la motivation se joue rarement dans de grandes interventions, mais plutôt dans une accumulation de petits gestes, de réactions et de façons d’accompagner l’enfant. Ce sont souvent ces ajustements simples, répétés dans le temps, qui font la différence.

Lorsqu’un enfant exprime que ce qu’il fait « ne sert à rien », il est inutile de répondre immédiatement par un ultimatum ou une obligation. Prendre le temps d’explorer avec lui le sens de l’activité permet de rétablir un lien entre l’école et la réalité. Cela peut passer par des questions ouvertes, par des exemples concrets ou par des liens avec ses intérêts. L’objectif n’est pas de convaincre à tout prix, mais d’aider l’enfant à construire lui-même une compréhension du sens de ce qu’il fait.

Lorsque l’enfant doute de ses capacités, il est important d’éviter de le rassurer de façon vague ou automatique. Dire simplement « tu es capable » a souvent peu d’effet si l’enfant n’y croit pas. Il est plus utile de s’appuyer sur des éléments concrets : rappeler une réussite passée, identifier ce qui a bien fonctionné ou proposer une tâche légèrement plus accessible pour recréer une expérience de succès. La motivation se construit souvent à partir de petites victoires.

Dans les situations où une tâche semble trop lourde ou décourageante, la façon de la présenter peut transformer l’expérience. Fractionner une tâche en étapes plus petites permet de réduire le sentiment de surcharge et de rendre l’effort plus abordable. Cela aide également l’enfant à mieux percevoir sa progression, ce qui soutient son sentiment de compétence.

L’ennui, souvent interprété comme un manque de volonté, mérite aussi d’être pris au sérieux. Il peut révéler un décalage entre la tâche et le niveau de l’enfant, ou encore un manque de sens. Dans ces cas, il peut être pertinent de varier les approches, de relier davantage les apprentissages au vécu de l’enfant ou de lui permettre d’aborder la tâche différemment. Parfois, un simple changement de contexte ou de méthode peut relancer l’intérêt.

Lorsque la motivation de l’enfant repose surtout sur la récompense ou la peur des conséquences, il est utile de déplacer graduellement l’attention vers d’autres éléments. Plutôt que de centrer les échanges sur le résultat final ou sur ce qui sera obtenu, il est préférable de mettre en valeur les stratégies utilisées, les efforts fournis et les progrès réalisés. Cette transition ne se fait pas en un jour, mais elle permet de développer une motivation plus durable.

Le quotidien est aussi fait de moments informels, qui peuvent devenir des occasions de soutenir la motivation. Parler de l’école sans se limiter aux devoirs et aux résultats permet de maintenir un lien positif. S’intéresser à ce que l’enfant aime, à ce qu’il trouve difficile ou à ce qui le rend fier contribue à renforcer son engagement. Ces échanges, même courts, participent à la construction du sentiment d’appartenance et de reconnaissance.

Il est également important d’ajuster son niveau d’accompagnement. Trop de contrôle peut nuire à l’autonomie, alors qu’un retrait trop rapide peut laisser l’enfant sans repères. Trouver un équilibre entre encadrement et liberté permet à l’enfant de développer progressivement sa capacité à s’organiser, à faire des choix et à prendre en charge ses apprentissages.

Enfin, lorsque la démotivation persiste ou s’accentue, il est essentiel de ne pas rester seul avec la situation. Un dialogue avec l’école permet souvent de mieux comprendre ce que vit l’enfant et d’ajuster les interventions. Dans certains cas, un soutien supplémentaire peut être nécessaire pour prévenir une installation durable du désengagement.

Intervenir au quotidien ne signifie pas tout régler immédiatement. Il s’agit plutôt d’accompagner l’enfant dans la durée, en tenant compte de son rythme, de ses besoins et des différentes étapes de son développement.

Ressources pour soutenir la motivation scolaire

Pour aller plus loin ou pour obtenir du soutien concret, plusieurs ressources fiables permettent aux parents d’élèves de mieux comprendre la motivation scolaire et d’agir au quotidien.

Lorsqu’un enfant manque de motivation ou que les devoirs deviennent difficiles, Alloprof constitue une première référence. Les contenus proposés permettent de comprendre rapidement ce qui influence l’engagement scolaire et offrent des pistes concrètes pour intervenir.

https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/exams-et-trucs/la-motivation-scolaire-un-enjeu-majeur-de-la-reu-t1122

Pour des conseils directement destinés aux parents d’élèves, la section Alloprof Parents propose des stratégies simples pour soutenir la motivation, encadrer les devoirs et encourager l’autonomie à la maison.

https://www.alloprof.qc.ca/fr/parents

Lorsque l’on souhaite mieux comprendre les mécanismes derrière la motivation et l’engagement, le Réseau réussite Montréal offre des repères clairs et accessibles qui aident à situer les difficultés et à orienter les actions.

https://www.reseaureussitemontreal.ca/dossiers-thematiques/motivation-engagement/

PRECA (Partenaires pour la réussite éducative en Chaudière-Appalaches) propose une page synthèse sur la motivation et l’engagement scolaires, qui présente les principaux facteurs influençant l’implication des élèves ainsi que des pistes pour mieux comprendre ces dynamiques dans le parcours éducatif.

https://www.preca.ca/reussite-educative/motivation-engagement.html

Pour identifier concrètement ce qui favorise ou nuit à la motivation, les ressources du CTREQ permettent de mieux comprendre les facteurs en jeu, notamment en ce qui concerne l’ennui, le sens des apprentissages et le sentiment de compétence.

https://www.ctreq.qc.ca/ressources/ingredients-predominants-pour-motiver-les-eleves/

https://www.ctreq.qc.ca/ressources/quand-lennui-sinvite-en-classe/

Le site TA@l’école propose des explications simples accompagnées d’exemples concrets qui peuvent être appliqués directement dans la vie quotidienne, notamment pour ajuster son accompagnement selon la situation de l’enfant.

https://www.taalecole.ca/motivation/

Lorsque la situation est plus persistante ou que la démotivation s’installe, les contenus de Familio permettent de mieux comprendre les causes possibles et d’adapter les interventions à la réalité familiale.

https://www.familio.ca/expertises/demotivation-scolaire/

Enfin, pour approfondir la compréhension des facteurs qui influencent la motivation, notamment chez les adolescents, les ressources de l’Université Laval offrent une synthèse utile, qui peut éclairer les interventions des parents d’élèves.

https://www.transitions-scolaires.fse.ulaval.ca/les-ressources/la-motivation-scolaire-au-secondaire/

La motivation scolaire se construit progressivement, dès le plus jeune âge, et évolue tout au long du parcours scolaire. Elle dépend en grande partie des conditions dans lesquelles l’enfant apprend, des expériences qu’il vit et des relations qu’il entretient.

Le rôle du parent consiste à soutenir ce développement, en créant un environnement qui favorise l’engagement, la confiance et le sens des apprentissages. Un enfant motivé n’est pas un enfant qui ne rencontre pas de difficultés. C’est un enfant qui développe, avec le temps, la capacité de les surmonter.

Références

Boisclair-Châteauvert, G., et Duchesne, S. (2025). La motivation en contexte scolaire [infographie]. Université Laval.

Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ). (s.d.). Ingrédients prédominants pour motiver les élèves.

Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ). (s.d.). Quand l’ennui s’invite en classe.

Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire (CREPAS). (2023). La motivation scolaire [encart].

Fréchette-Simard, C., Plante, I., Dubeau, A., & Duchesne, S. (2019). La motivation scolaire et ses théories actuelles : une recension théorique. McGill Journal of Education / Revue des sciences de l’éducation de McGill, 54(3), 500-518.

Guay, F., Morin, A. J. S., Litalien, D., Howard, J. L., & Gilbert, W. (2021). Trajectories of self-determined motivation during secondary school: A growth mixture analysis. Journal of Educational Psychology, 113(2), 390–410.

Réseau réussite Montréal. (s.d.). Les ingrédients de la motivation et de l’engagement [infographie].

Réseau d’action pour la persévérance scolaire Côte-Nord (RAP Côte-Nord) & Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ). (2022). Pistes d’action pour agir sur la motivation scolaire. Rapport final.

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